Au CDI

Créer un coin bricolage dans son CDI (ou sa salle de classe)

J’ai toujours adoré les activités manuelles. Petite, j’y passais des heures juste pour le plaisir de créer. Ado, c’était une qualité assez appréciée de mes amis qui me commandaient parfois des créations. Je personnalisais aussi beaucoup mes vêtements, j’adorais avoir des choses uniques que je ne voyais chez personne d’autre. Plus tard, j’ai compris que pouvoir créer moi-même des objets à partir de peu de choses me permettrait d’avoir tout ce que je voudrais (ou presque ^^). Ca fait aussi faire un paquet d’économies (ce qui laisse de l’argent pour mieux consommer). Ca développe la créativité bien sûr, mais aussi l’ingéniosité (« comment vais-je faire tenir mon patron de robe dans 1 mètre de tissu ? » etc.).

Créer, c’est vaincre la mort.

(Albert camus)

J’ai toujours vu les métiers manuels dévalorisés dans notre société, à l’exception peut-être de l’artisanat d’art. Une fois devenue prof, j’ai pu constater que pour les élèves comme pour leurs parents, les filières professionnelles sont une voie peu attirante d’une manière générale. C’est sûr que toutes les filières professionnelles ne sont pas axées sur des métiers manuels, mais le système scolaire n’aide pas à valoriser cette voie, la plupart du temps… Bref. J’ai eu envie que mes élèves soient fiers de fabriquer des trucs de leurs mains. C’est ma très modeste contribution pour redonner de l’importance aux travaux manuels et pour hacker un tout petit peu la société de consommation ^^

J’ai commencé par proposer aux élèves un club bricolage, mais pour des raisons d’emploi du temps cela a été un peu irrégulier. C’était difficile de trouver des activités qui plaisent à tous, d’en aider 12 à la fois… En fin d’année dernière il me restait un peu de matériel à utiliser, et j’avais plein de livres sur le sujet, alors j’ai décidé de créer un nouvel espace au CDI : le « Coin créatif ».

Installer un coin créatif au CDI

J’ai choisi une petite table accolée à mon bureau, ce qui me permet de garder un œil sur les activités des élèves et surtout de les aider plus rapidement s’ils en font la demande. Je l’ai protégée avec de la nappe en papier que j’avais (ça m’a fait l’année). A défaut de placard, j’ai placé sous la table une caisse avec un peu de matériel : feuilles de papier de récupération, vieux livres ou prospectus avec de belles images à découper, boîtes en carton, chutes de carton… La table est assez petite, il n’y a qu’une ou deux places. Je pense que certains élèves apprécient ce petit espace; lorsqu’ils me demandent « Je peux me mettre à la table de bricolage ? », pour eux, c’est comme demander un privilège ^^ Pour ceux qui souhaitent bricoler plusieurs, je propose d’embarquer la caisse de matériel vers une table plus grande.

La table à bricolage du CDI

Le matériel, c’est le minimum, mais il me semblait indispensable de proposer aussi des modèles : j’ai donc recouvert un vieux classeur et j’y ai rangé des modèles d’origami, de découpages, de dessins, de constructions géométriques… Il en faut pour tous les goûts ! J’ai bien tout organisé par type d’activité, mais je suis une prof doc un peu maniaque ^^

Je place toujours quelques livres du rayon bricolage sur la table : sinon, les élèves ne pensent pas toujours à aller les consulter. Ca me permet aussi de montrer les nouveautés de ce rayon. J’essaye de les changer régulièrement. Je laisse de temps en temps des bricolages oubliés par les élèves (pour donner des idées), et mon hérisson en livre recyclé n’est jamais loin.

Enfin, je garde le matériel un peu plus « précieux » facilement accessible derrière mon bureau, et je le donne à la demande, après m’être assurée que l’élève sait ce qu’il fait : papier origami, feutrine, perles, fils divers, vieux livres à plier en hérisson…

Est-ce que ça marche ?

Soyons honnêtes : après un an de table bricolage, mes élèves ne sont pas devenus des prodiges. Ce sont surtout les filles qui se sont intéressées à ce coin, souvent pour se créer des cadeaux pour leur famille ou entre copines (quand deux 6ème essayent de bricoler en cachette de leur 3ème copine qui est elle aussi dans le CDI, c’est assez rigolo). J’avais un reste de fils à scoubidous et à bracelets brésiliens qui ont eu beaucoup de succès. Il y a eu énormément de découpages et collages en tout genre, où chacun-e laissait place à son imagination. L’origami a eu du succès aussi et c’est souvent par là que les garçons se sont intéressés au bricolage. Je compte donc continuer l’année prochaine, même si cela me prend un peu de temps d’aider les élèves.

Atelier origami

Outre le fait qu’il faut être disponible pour aider les élèves (plus ou moins), il faut penser à recharger la caisse en matériel, trier ce qui est bon pour la poubelle… Mais je n’ai pas trop à me plaindre de ce côté-là : j’ai rarement retrouvé l’espace bricolage en bazar.

Mes pistes pour améliorer ce dispositif :

  • Proposer plus de modèles et de tutoriels qui puissent être utilisés en autonomie. Il faut par exemple que j’adapte ce tutoriel pour créer des carnets. C’est à la mode, je pense que des élèves essayeront. Pousser les élèves à l’autonomie me permettrait aussi de passer moins de temps à les aider (parce que je ne manque pas de boulot par ailleurs…).
  • Faire utiliser un peu plus de matériel de récupération : pour l’instant, il y a le papier, un peu de plastique (type rhodoïd) et le carton. Mais pourquoi ne pas trouver d’autres matériaux réutilisables facilement ? Des idées ? La contrainte, c’est que nous n’avons pas forcément de colle adaptée à toutes les matières, et que je ne compte pas en faire acheter trop au collège. Il faut aussi que j’agence un peu mieux le stockage du matériel pour que les élèves voient mieux ce qui est disponible.
  • J’aimerais développer la couture. J’ai quelques modèles de broches basiques dans un livre. Je fournis de la feutrine, qui reste plus facile à coudre que le tissu, mais ce n’est pas encore ça ^^ Les élèves s’en découragent facilement si je les laisse travailler seuls. Je me dis que je devrais prendre le temps de créer quelques modèles à exposer pour leur donner envie, en indiquant le temps de réalisation de chacun. Il faudrait surtout que je trouve un livre de couture à la main adapté aux ados avec des modèles sympa.
  • J’ai un autre classeur pour les élèves qui s’ennuient, avec des restes d’activités de recherche au CDI, des coloriages… Il faut absolument que j’imprime ces coloriages malins proposés gratuitement par Elise Gravel.

Comme tous les espaces d’un CDI, ce coin créatif est en perpétuelle évolution ! Avis aux collègues profs qui passeraient par là : je suis preneuse d’idées pour développer la créativité dans mon petit bout d’école 🙂

Marie

6 réflexions au sujet de “Créer un coin bricolage dans son CDI (ou sa salle de classe)”

  1. J’aime beaucoup l’idée, et l’état d’esprit qu’on devine derrière. Ce type d’espace met du temps à se mettre en place, parfois fait l’objet d’un engouement puis est déserté, mais ça vaut la peine de persévérer. L’appuyer sur un club du midi, ou une heure d’initiation de temps en temps est parfois un bon moteur.

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    1. Bonjour ! Oui cet espace était en remplacement d’un club bricolage qu’il était trop difficile de faire fonctionner. Mais si j’avais eu le temps cet année j’aurais bien fait aussi des ateliers ponctuels thématiques (origami, carnet… en plus j’ai appris à en faire avec une relieuse ^^). A voir 🙂

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